Félix | 12 décembre 2010 dans Philosophie,Psychologie | Comments (0)
« L’inquiétude amène la vieillesse avant le temps. »
—Ben Sira
Quel meilleur moyen de dilapider l’instant présent que de se tourmenter sur quelque chose qui pourrait ou ne pourrait pas arriver. La situation économique, la santé, les accidents sont apparemment tous de bonnes raisons pour faire grimper notre tension artérielle si l’on en croit le névrosé.
Distinguons tout de suite l’inquiétude de la planification. La planification est efficace ; elle nous permet d’avoir un certain contrôle sur l’avenir. En revanche, se faire de la bile pour demain est complètement inutile. Chaque seconde que nous passons à nous inquiéter de ce qui arrivera ou n’arrivera pas est une seconde de plus où nous pourrions faire quelque chose pour influencer le moment à venir. Et si la situation est absolument hors de notre contrôle, alors pourquoi s’angoisser? À ceux qui n’y trouverait pas de réponse : apprenez donc à lâcher prise ; tout ne tourne pas autour de vous.
Choisir ses batailles est une philosophie qui s’applique très bien ici. Il y a rarement assez d’une vie pour changer quoi que ce soit à des domaines tels la guerre ou la pauvreté. Vous avez le choix : soit vous vous concentrer sur l’un d’eux (par exemple : contribuer à la paix dans le monde de quelque façon) et avez peut-être la chance d’y changer quelque chose, soit vous passez votre temps à vous tourmenter sur plein de sujets et ne changez rien du tout. Et si ça sonne égocentrique, c’est que ça l’est.
Enfin, tout comme la culpabilité, la société favorise également l’inquiétude : on l’assimile à tort à l’intérêt que l’on porte à autrui :
“Si vous vous souciez de quelqu’un, le message passe et vous vous tracassez fatalement pour la personne en question. Alors, on entend des phrases du genre : « Bien sûr que je m’inquiète. Il est bien normal de se tourmenter pour quelqu’un. » Ou : « Je ne peux pas m’empêcher de me faire du souci parce que je t’aime. » C’est ainsi que l’on manifeste son amour : en se tracassant comme il faut au moment où il faut.” (Wayne W. Dyer, Vos zones erronées)
L’inquiétude a t-il réellement un lien avec l’amour? À première vue, ça semble logique, mais plus on s’aventure dans la question, plus on se rend compte de la futilité de se tracasser inlassablement pour l’avenir d’autrui ou de soi-même et des contradictions multiples du sentiment avec la véritable définition de l’amour. (À suivre.)
Le verdict? L’inquiétude, avec la culpabilité, sont probablement les deux émotions les plus vaines de l’existence.
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Félix | 28 novembre 2010 dans Psychologie | Comments (1)
« Si vous croyez qu’il suffit de se tourmenter assez longtemps pour changer un événement passé, c’est que vous habitez une autre planète où la réalité est différente. »
—Wayne W. Dyer
Je vais vous dire un secret. L’égo a un petit penchant naturel pour la névrose et la culpabilité en est une grande et populaire. Et grâce à la société et à ses conditionnements névrotiques, la plupart d’entre-nous sommes aujourd’hui de véritables machines à culpabilisation, aux profits de la psychanalyse.
Il est normal de se culpabiliser momentanément à cause d’une faute à notre code moral : c’est une émotion forte qui renforce notre sentiment de responsabilité. Mais y patauger sans retenue pendant longtemps est absolument absurde :
“De tout les comportements erronés, la culpabilité est le plus inutile. Elle aboutit à un gaspillage d’énergie sans égal. Pourquoi ? Parce que, par définition, on est bloqué dans le présent à cause de quelque chose qui s’est déjà produit — or, jamais le sentiment de culpabilité n’a changé le cours de l’histoire.” (Wayne W. Dyer, Vos zones érronées)
Lorsque je parle de conditionnement social, c’est qu’il peut paraître inhumain de ne pas se culpabiliser pour une faute que l’ont a commise envers autrui, dépendamment de la gravité de celle-ci. Mais ce que l’ont dit rarement, c’est que la culpabilité ne règle rien, alors que de prendre des mesures pour se faire pardonner ou du moins en apprendre quelque chose et s’assurer de ne refaire la même erreur par la suite est parfaitement salutaire.
Comme le fait de ne pas accepter la réalité, la culpabilité est un blocage à notre développement personnel et peut se résoudre en la remplaçant tout simplement par de l’intelligence active. Il y a une différence entre se culpabiliser et tirer des leçons du passé. Contrairement à la culpabilité qui n’est que de l’énergie gaspillé, apprendre de nos erreurs est une habitude saine et indispensable à notre épanouissement. La prochaine fois que vous serez sur le point de vous culpabiliser, attardez-vous donc d’abord à régler mentalement le problème et tirez-en une leçon ; vous serez surpris de constater comment la culpabilité aura vite perdu tout son sens. Vous comprendrez alors la futilité de s’attarder dans ce bourbier émotionnel.
Et vous? Avez-vous saisit l’inutilité de la culpabilité? Jusqu’à quel enfer vous a t-elle mené?
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Félix | 1 janvier 2010 dans Psychologie | Comments (0)
« Victime: adj. et n.f. Qui sacrifie volontairement sa vie, son bonheur. »
—Larousse.fr
Nous sommes tous plus ou moins victimes des évènements de notre vie, mais certains profitent à tort de ce rôle pour éviter l’introspection. En psychologie, je crois que cela s’appelle l’orientation externe; c’est le cas ou la personne mise sur les évènements extérieurs de sa vie pour orienter celle-ci. Si vous ne reconnaissez pas ce comportement en vous, alors vous le reconnaîtrez sûrement chez un ami ou un membre de la famille, car c’est un réflexe très courant de l’égo.
Qu’on se comprenne bien. Le rôle de la victime est un choix. C’est un rôle que nous adoptons nous-mêmes car il nous permet de fuir nos responsabilités ou de manipuler les autres. Si vous ou un proche continuez toujours à utiliser ce comportement, c’est qu’il doit consciemment ou inconsciemment vous procurer des avantages à quelque part.
Prenons l’exemple d’une mère qui se sert de son rôle de victime pour amener son garçon à faire une tâche. Ses jouets traînent dans le salon depuis longtemps et elle aimerait bien qu’il les remonte dans sa chambre à l’étage. Sa mère n’a pas envie de le faire à sa place, et c’est compréhensif. Mais voyez-vous, elle n’a pas non plus envie de lui faire la leçon (il y aurait d’autres choix bien plus intelligents, mais limitons-nous à ceux-ci). Elle utilise alors sa mauvaise condition (par exemple: un mal de dos) pour le convaincre de faire le travail à sa place. Et ça marche! Les gens accrochent volontairement à ce genre de manipulation car elle réveille en nous un fort sentiment de culpabilité. Bien que munie des meilleures intentions du monde, cette femme cherche à rendre son fils coupable afin de l’amener à faire ce qu’elle veut.
La victime habile, avec un peu de chance, saura faire son chemin dans la vie mais son éventail de choix restera très restreint car elle dépendra toujours d’évènements extérieurs à elle-même pour expliquer son sort.
Vous avez sûrement déjà adopté ce rôle de victime à un moment ou à un autre. Ou serait-ce la description d’un personnage de votre entourage? Racontez-nous votre histoire!
Tags: culpabilité, égo, introspection, manipulation, orientation externe, victime