Avons-nous le contrôle sur nos émotions?
« Chacun est responsable de la guerre ou de la paix qu’il maintient dans son coeur. »
—Thomas d’Ansembourg
Dans une certaine mesure, oui. Mais contrairement aux croyances populaires, cette mesure est essentiellement en notre faveur. Nous n’avons peut-être pas de contrôle instantané sur une peur qui survient à la suite d’un réflexe physiologique génétiquement programmé depuis des millions d’années, mais nous pouvons absolument arriver à désamorcer (et non pas refouler) nombres d’autres réactions négatives.
Si vous êtes comme moi, vous avez probablement grandi avec la conviction que vous n’avez autre choix que de subir vos émotions lorsqu’elles arrivent et que vous n’avez aucun contrôle sur celles-ci. Si vous y croyez toujours fermement, laissez-moi vous en convaincre autrement.
Dans son livre Vos zones erronées, le Dr. Wayne W. Dyer détruit le mythe selon lequel l’individu n’est pas responsable de ses émotions à l’aide d’un syllogisme (formulation logique comportant deux prémisses, la majeure et la mineure, et une conclusion reposant sur l’harmonie de celles-ci) que voici :
Majeure : Je peux contrôler mes pensées.
Mineure : Mes sentiments sont engendrés par mes pensées.
Conclusion : Je peux contrôler mes sentiments.
La prémisse mineure est flagrante de vérité ; nos émotions sont indéniablement le fruit de nos pensées, tant sur le plan de la science que du bon sens :
“Supprimez votre cerveau : les sensations n’existent plus. Le sentiment est une réaction provoquée par une pensée. Si vous pleurez, si vous rougissez, si les battements de votre coeur se précipitent, il y a d’abord eu un signal lancé par le centre de la pensée. Si celui-ci est endommagé ou court-circuité, il n’y a plus de réactions émotionnelles. Dans le cas de certaines lésions cérébrales, on n’éprouve même plus de douleur physique : vous pourriez littéralement faire griller votre main sur le bruleur de la cuisinière sans ressentir la moindre souffrance.” (Wayne W. Dyer)
La prémisse majeure n’est également guère contestable. Nous seuls avons le pouvoir de choisir la consistance et la destination de nos pensées. Si non, qui les contrôle t-elles?*
En espérant vous avoir un peu allumé sur le sujet, permettez-moi maintenant de vous poser la question suivante : Si nous sommes bel et bien les médiateurs ultimes de nos émotions, alors pourquoi choisir des réactions négatives? Plutôt, pourquoi ne pas utiliser votre cerveau pour une fois? À force de réagir négativement aux innombrables futilités de notre existence, nous ne faisons qu’apprendre à être malheureux. Réservons plutôt nos colères, nos tristesses ou tout autre émotion négative pour réellement faire bouger les choses, comme le fait le Dr. Nick Callahan dans Au Delà des Frontières.
*Pour de plus amples arguments prouvant les deux prémisses, je vous invite à lire Vos zones erronnées de Wayne W. Dyer.
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